Environnement,aménagement, mobilité et énergies

1.   Une politique environnementale et d’aménagement du territoire permettant de transmettre aux générations futures un environnement intact

Le canton de Fribourg est renommé pour la diversité et la beauté de ses paysages. Sous la pression d’intérêts économiques privés et le diktat d’une idéologie de croissance à tout prix, cette richesse est gravement menacée : une mauvaise utilisation du sol provoque une augmentation des surfaces construites, anticipant la croissance de la population. Une urbanisation anarchique et une augmentation du trafic motorisé résultent d’un aménagement du territoire lacunaire et hésitant qui génère des constructions routières insensées, dévalorise des centres des localités, ruine des structures économiques et d’habitation existantes et anéantit de bons réseaux sociaux.

Nos objectifs:

Aménagement du territoire: vision à long terme

L’affaire Galmiz a clairement démontré que le plan directeur cantonal ne coordonne pas efficacement l’affectation du sol et que les plans de zone ne sont pas déterminés conformément au droit fédéral. En matière d’aménagement du territoire, Fribourg est devenu le souffre-douleur du pays. Il est un des cantons dont les zones constructibles sont les plus démesurées. Nous demandons un plan directeur séparant distinctement les terrains constructibles des terrains non constructibles et visant une utilisation parcimonieuse et judicieuse du sol.

Nos solutions:

  • démocratiser les décisions en matière d’aménagement du territoire en suivant l’exemple de la plupart des autres cantons: toute décision concernant l’affectation du sol et les plans de zones doit être prise au niveau du Conseil général ou de l’Assemblée communale et plus seulement par le Conseil communal
  • dézoner tous les terrains constructibles disproportionnés ou non encore aménagés. Les communes doivent notamment augmenter la densité des zones constructibles
  • introduire un prélèvement sur la plus-value, donc sur les gains encaissés grâce à des modifications de zones, à l’instar des cantons de Bâle-Ville, Neuchâtel et Berne
  • intégrer les nouveaux quartiers dans le réseau des transports publics, le réseau piétonnier et le réseau de pistes cyclables
  • définir, dans le plan directeur déjà, les zones où pourront s’implanter les centres commerciaux et autres grosses entreprises générant un trafic important ; y introduire la gestion des places de parc (payantes)
  • mieux planifier et définir les zones d’activité (industrie, artisanat) pour ne pas générer un surplus de trafic et la dispersion des constructions
  • soumettre les autorités à une législation sur l’aménagement du territoire et des constructions fixant clairement les lignes directrices ainsi que les sanctions en cas d’infraction.

 Espaces naturels et ruraux: paysages intacts et variés

Des paysages naturels et ruraux encore intacts représentent un des atouts majeurs de notre canton. Le profit immédiat et l’urbanisation galopante ruinent ou fragmentent toujours plus les espaces vitaux. Une politique durable doit veiller à transmettre aux générations futures un espace naturel et rural intact et sain.

Nos solutions:

  • des mesures strictes de protections pour les lacs et les cours d’eau comme par exemple sur les rives du Lac de Neuchâtel : sauvez la Grande Cariçaie. Les constructions illégales sur les rives du lac doivent être détruites au terme des contrats en vigueur 
  • la création du parc naturel régional Gruyère – Pays d’Enhaut, la conservation du paysage naturel et rural et de l’économie régionale traditionnelle
  • la création d’un fonds cantonal permettant l’achat de terrains pour la renaturation des rivières, des ruisseaux et des marais
  • la revalorisation d’espaces naturels menacés ou fragmentés, par exemple : la mise en réseau de marais, l’encouragement à la plantation de haies et à la culture de prairies extensives, des zones protégées pour les espèces menacées
  • aucune nouvelle autorisation pour : les canons à neige, les pistes de luge d’été, les pistes de ski de nuit. Imposer les interdictions de circuler sur les chemins forestiers et de montagne
  • la promotion du tourisme doux: chemins pédestres, réseaux de chemins et de pistes cyclables
  • favoriser la complémentarité et les synergies entre la protection du paysage, l’agriculture respectueuse de l’environnement et le tourisme doux.

 Mobilité: respect de l’homme, de l’environnement et du paysage         

Fribourg tient presque un record ! Son taux de motorisation par habitant est l’un des plus élevés de Suisse. Le canton investit massivement dans le réseau routier et veut doubler le budget d’entretien des routes. Les transports publics sont totalement insuffisants, voire inexistants dans les régions de campagne, le canton ne se préoccupe pas de mobilité douce et n’incite pas suffisamment les communes dans ce domaine. En matière de transport, les priorités doivent être radicalement inversées. La préséance doit être donnée à l’amélioration de l’offre en transports publics, en réseaux piétonniers et en pistes cyclables ainsi qu’aux mesures de modération du trafic dans les localités.

Nos solutions :

  • un nouveau programme cantonal de modération du trafic pour les localités.
  • l’abandon des nouveaux projets routiers comme par exemple l’axe Marly-Posieux et le contournement de Guin
  • le réaménagement de routes trop larges et donc trop dangereuses telle la descente de la Crausaz
  • le renforcement et la réorganisation du service cantonal des transports
  • l’augmentation des subventions cantonales pour le trafic régional et donc l’augmentation massive de l’offre en transports publics: cadence plus élevée aussi pour les régions périphériques, transports à prix abordables et correspondances garanties pour les élèves et les pendulaires; en soirée et en dehors des heures de pointe au minimum transport à la demande dans toutes les communes
  • le développement systématique d’initiatives innovantes de mobilité adaptée aux régions rurales
  • la promotion de nouvelles formes de mobilité: Mobility, vélos électriques, programme « mobilité partagée » Carlos (autostop organisé)
  • un impôt progressif sur les véhicules à moteur fixé sur la base des émissions de CO2: diminution de l’impôt pour les véhicules faiblement polluants, augmentation pour les 4×4 et autres véhicules grands consommateurs de carburant, bruyants et dangereux 
  • un engagement ferme du canton pour l’introduction de l’obligation du filtre à particules pour tous les véhicules et machines Diesel (introduction au niveau national)
  • l’aménagement et l’agrandissement systématique du réseau de pistes cyclables. Objectif : réseau continu dans tout le canton
  • un meilleur entretien des chemins pédestres cantonaux ; obligation pour les communes, par le biais du plan directeur cantonal, d’entretenir prioritairement le réseau piétonnier.
  • le financement par le canton de tous les coûts liés à la communauté tarifaire (en lieu et place de l’augmentation des tarifs pour les jeunes et en ville), négociations avec les cantons voisins pour une communauté tarifaire
  • l’accès des 40 tonnes limité aux axes principaux; renoncer à l’aménagement de tous les ponts comme prévu actuellement

 Energie : protection du climat

Les événements climatiques récents le démontrent clairement: il est déterminant de renoncer rapidement aux énergies fossiles et nucléaires. Il faut baser notre approvisionnement énergétique sur des énergies renouvelables et miser plus sur l’efficacité, donc éviter tout gaspillage. Comme partout en Suisse, le défi actuel du canton et de ses communes est de s’engager dans un politique énergétique durable afin qu’il remplisse sa part des engagements pris dans le cadre du Protocole de Kyoto. Les instruments que s’est donné le canton de Fribourg pour promouvoir les énergies renouvelables et les directives en la matière sont, comparés à d’autres cantons, par trop insuffisantes.

Nos solutions :

  • déclarer le canton hors zone nucléaire : plus aucune participation du groupe e dans des entreprises actives dans la production de courant nucléaire
  • chauffer tous les bâtiments publics au moyen d’énergies renouvelables. Standard Minergie-P (construction à faible consommation énergétique) obligatoire pour les nouvelles constructions cantonales et, au minimum, standard Minergie pour les rénovations entreprises par le canton et les communes ainsi que pour les bâtiments subventionnés
  • favoriser les constructions privées selon le standard Minergie et Minergie-P (« maison passive » à très basse consommation) par des crédits et conditions préférentielles  (par ex. coefficient d’utilisation du sol plus élevé)
  • introduire une « Lex Barcelona » : 50% de l’eau chaude sanitaire au minimum est chauffé grâce aux collecteurs solaires dans les nouveaux bâtiments ou les bâtiments rénovés
  • mettre en oeuvre un programme d’investissements pour l’amélioration de l’efficacité énergétique dans l’assainissement des vieux bâtiments (écoles, administrations, bâtiments privés qui s’y prêtent) et pour la création et le maintien de places de travail 
  • plus de moyens financier pour une meilleure promotion des énergies renouvelables (dont photovoltaïque, biomasse, bois, petites centrales hydrauliques) ainsi que du couplage chaleur-force,
  • introduire le „centime énergétique“ sur le prix de l’électricité pour alimenter un fonds de durabilité afin de financer les énergies renouvelables, des campagnes d’information et des mesures d’économie d’électricité (par ex. diminution du prix des appareils à faible consommation électrique comme à Berne ou à Zurich, ou installations à énergie solaire à prix préférentiel comme à Lausanne) 
  • introduire le „centime sur l’économie d’électricité“ sur le modèle bâlois: taxe incitative sur l’électricité redistribuée par habitant et par place de travail : qui consomme moins gagne plus.