Le projet « Phénix » sur la base aérienne de Payerne est recalé

Communiqué de presses, 1 juin 2011

Suite à l’opposition des Verts de la Broye fribourgeoise du 25 février 2011 et de diverses remarques des cantons de Vaud et Fribourg, le projet de centre d’entraînement pour pompiers d’aéronefs « Phénix » que les Forces aériennes comptaient construire sur la Base aérienne de Payerne, est recalé.

Ce projet d’investissement de 40 millions de frs disparaît ainsi purement et simplement du programme d’armement 2011 et il n’a en fait même pas été porté à la connaissance des Commissions de sécurité des chambres fédérales. Les raisons de cet échec sont simples : avant de songer à aller plus loin, il s’agira de clarifier les divers griefs imputés à ce projet mal planifié et dont l’utilité stratégique, en ces périodes de vaches maigres pour l’armée, est plus que douteuse.

Pour rappel, les Verts de la Broye fribourgeoise ont déposé une opposition le 25 mars 2011, estimant que le projet de centre d’instruction de lutte contre le feu d’aéronefs « Phénix » des Forces aériennes sur la base de Payerne n’était pas adapté aux conditions territoriales régnant en Suisse et dans la Broye en particulier. Ce projet surréaliste – 7000 incendies d’avions déclenchés par année et brûlant par jour de quoi faire 65.000 km en voiture (14,6 millions par année) – s’avère totalement surdimensionné avec un coût de construction annoncé de 40 millions de frs. Cette infrastructure ne répond en rien à un besoin absolu ni de l’armée, ni des instances aéroportuaires civiles.

Nulle part dans les documents mis à l’enquête, il n’est fait mention de la justification du projet en dehors du fait que ce centre d’instruction est censé remplacer les installations d’exercice de feu actuelles sur les aérodromes de Payerne, Meiringen, Dübendorf et Buochs qui seraient désuètes. Combien de cas d’incendies d’aéronefs militaires peut-on dénombrer en Suisse ? A quelle fréquence ? La question est identique pour les cas civils. Dans combien de cas l’intervention des pompiers a-t-elle permis de sauver des vies et des aéronefs ? Quelle est la fréquence d’entraînement nécessaire pour assurer une bonne formation ? Quelle est l’utilité de ce type d’exercice ? Pourquoi la poursuite des entraînements à l’étranger, tels qu’ils sont pratiqués actuellement sur des bases aériennes équipées en conséquence, n’est-elle pas envisagée ? Quelle est la position des autorités aéroportuaires civiles suisses ? Existe-t-il un réel intérêt des forces aériennes et des aéroports européens ?

Il est pour le moins étonnant que ces questions ne semblent pas avoir été abordé dans un projet de cet ampleur et d’un coût aussi important. Un état des lieux global et une « étude de marché » s’avèrent donc absolument nécessaires pour justifier les besoins réels en matière de lutte contre le feu d’aéronefs et présenter différents scénarios.

Alors que le pays entier cherche des solutions pour économiser l’énergie à l’heure de la sortie planifié du nucléaire, l’Armée suisse est prête à brûler trois tonnes d’hydrocarbures (propane liquide) par jour. Cela pour mettre le feu et éteindre au choix : un Airbus, un FA-18, un hélicoptère, etc. L’armée suisse doit elle aussi contribuer à l’effort national en matière d’économie d’énergie, en particulier dans le domaine des investissements dont la nécessité au niveau de la défense nationale n’est pas avérée.

Contact :

Roman Hapka, Responsable des Verts de la Broye fribourgeoise,