Prise de position des Verts fribourgeois relative au projet de loi concernant la Journée du bilinguisme

 Le 11 aout 2014, les Verts fribourgeois ont pris position comme suit:

Les Verts fribourgeois tiennent à remercier le Conseil d’Etat pour la rapidité de la suite qu’il donne à la décision unanime (85 voix sans opposition) du Grand Conseil de soutenir l’initiative du Conseil des jeunes du canton et pour le contenu général de ses propositions.

Nous partageons en très grande partie la teneur du message présenté. Nos remarques et propositions ont pour but de contribuer à la  consolidation et au développement des futurs Journées du bilinguisme.  

 Comme proposé par le CE, les Verts estiment que la journée du bilinguisme devrait jouer un rôle de vitrine de ce qui existe et de catalyseur d’initiatives associatives et privées. Il nous semble utile et important d’inclure les initiatives des communes et des services de l’administration cantonale. En effet ces entités sont des acteurs incontournables en matière de bilinguisme, aussi capables de mener des actions innovantes et significatives qui contribuent à la création d’un climat d’émulation.
Nous soutenons également la proposition d’organiser la journée du bilinguisme le 26 septembre de chaque année pour la faire coïncider avec la Journée européenne des langues. Nous sommes également satisfaits des propositions de mise en place et d’enrichissement de la rubrique « bilingue » du portail Internet de l’Etat et de la mise en place d’un concours d’idée. Là aussi il nous semble opportun d’ouvrir les journées aux administrations publiques et parapubliques (par exemple, les quatre piliers, l’Université, les SI, etc…), cantonales et communales.
De manière générale, le Forum propose que le secteur privé soit inclus de manière incontournable dans la liste des entités appelées à s’annoncer auprès de l’Etat pour participer aux activités organisées dans le cadre de la journée du bilinguisme.
Le Forum soutient l’idée de la création d’un ou de plusieurs prix. Il estime absolument indispensable que le canton y participe financièrement. Finalement il s’agit de promouvoir SON bilinguisme. Ne compter que sur des ressources fédérales reviendrait à ne pas considérer cette question comme intimement liée à l’identité fribourgeoise. De plus, il faut rappeler ici que l’instauration d’une journée du bilinguisme est une décision politique cantonale, propre, qu’il faut donc et en toute logique assumer. Il ne s’agit pas d’un chapitre de la mise en œuvre de la loi sur les langues. Cette dernière, en application du principe de subsidiarité, ne fait qu’offrir une aide complémentaire aux efforts de notre canton.
En ce qui concerne les propositions d’actions, le Forum propose d’inclure explicitement sous 4.1. les initiatives que pourraient prendre :

  1. des communes dans la bonne mise en œuvre de la récente modification de la loi scolaire qui enjoint l’administration cantonale de commencer à mettre en pratique au niveau primaire le concept cantonal de l’enseignement des langues.
  2. Des entreprises pour les initiatives de promotion du bilinguisme dans le cadre professionnel, aspect stratégique.

Le projet de loi appelle les commentaires suivants de notre part :
Art. 2

  • La teneur spécifique de cet article n’est pas très clair en regard avec celle de l’article 3. Par exemple la lettre c) est redondante avec l’art. 3, lettre b)
  • Il nous semblerait préférable de distinguer deux niveaux pour deux articles différents :
    • Un premier article mentionnant le but général (ou la finalité) de la Journée ; voir le contenu de l’actuel article 3
    • Un second article pour spécifier les objectifs propres à la Journée : reprendre pour se faire les idées mentionnées dans le message, comme par exemple la mise en évidence et la reconnaissance des initiatives intéressantes, ainsi que le fait de servir de catalyseur et d’encouragement à de nouvelles initiatives.

Art. 4 al 2) Il est important que les activités puissent bénéficier d’une aide de l’Etat. Les autorités cantonales doivent contribuer financièrement à la promotion de ce qui est le bilinguisme de NOTRE canton. Nous devons ici légiférer pour concrétiser une volonté politique cantonale ; il ne s’agit pas de mettre en œuvre des dispositions fédérales, dans le cadre de sa loi sur les langues.
Art. 4, al 3) lettre b) Cette partie pourrait être complétée (partie soulignée) de la manière suivante : « par un soutien financier …….sur les langues ou bien lorsqu’elles contribuent à la bonne mise en œuvre de politiques cantonales en matière de bilinguisme ». Il s’agit là encore de compter sur et d’encourager les initiatives politiques propres des instances cantonales, indépendamment de leur inscription dans les dispositions de la loi fédérale.

Le président des Verts fribourgeois
Luc Bardet