C’est la faute des citoyens qui se réveillent trop tard

Lors de son bilan de législature, le Conseil communal de Bulle n’a pas hésité à faire encore une fois l’étalage de tout son mépris à l’endroit de notre population. Ainsi, en matière d’aménagement, le Conseil communal n’hésite pas à se déresponsabiliser en rejetant la faute sur les citoyens qui selon lui se manifesteraient trop tardivement « pour permettre à l’exécutif de corriger le tir » (La Liberté du 20 février). Lorsqu’on connaît l’opacité avec laquelle sont traités les dossiers d’aménagement à Bulle et la faiblesse des prérogatives citoyennes en la matière, on ne peut que condamner ce genre de propos.

Pour se manifester, encore faut-il être informé. Les citoyens bullois n’ont jamais été informés des projets d’aménagement du territoire. L’histoire récente a même montré que la commission d’aménagement, pourtant instituée par la loi sur les communes, n’est ni consultée ni écoutée.

Les Verts bullois ne peuvent que critiquer cette tentative de se déresponsabiliser de la part d’un collège qui a largement failli à sa mission. La loi fribourgeoise octroie à l’exécutif le pouvoir exclusif d’adopter les plans directeurs et les plans d’aménagement (seule exception : l’Agglo de Fribourg dont le plan directeur est adopté par le législatif, à savoir le Conseil d’agglomération). De plus, le Conseil communal affirme que la réalisation de mandats d’études parallèles (MEP) garantit désormais l’intégration de la population dans les prises de décisions, ce qui est contraire à la réalité (cf. annexe ci-après).

C’est donc dans l’intimité de l’exécutif, à huis clos, que l’on décide de conserver ou non des espaces verts, de raser des bâtiments protégés, de réserver des voies de mobilité douce, etc. Une fois le plan mis à l’enquête, le citoyen est totalement démuni. Les plans ne sont pas soumis au Conseil général (législatif) et ne peuvent faire l’objet de référendum (le PLR et le PDC ont encore récemment refusé d’octroyer ce droit aux citoyens de notre canton).

Le seul pouvoir qui lui reste est de faire opposition, à ses risques et périls, notamment financiers. De plus, le citoyen ne peut agir que si le projet touche directement ses intérêts, tels qu’une péjoration de la situation de ses biens. Il ne peut en aucun cas s’ériger en défenseur du patrimoine, des transports publics (cf. communiqué du 19 février 2016 des Verts bullois) ou d’espaces de détente en suffisance. Ce travail-là incombe aux autorités et à elles seules.

Contact :
Nicolas Pasquier, 078 791 23 67
Responsable du groupe bullois des Verts Fribourgeois

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