Appelé à entériner la vente de terrains communaux à la société Nespresso lors du Conseil Général de Romont le jeudi 4 octobre 2012, les Conseillers généraux Verts ont rejeté les trois propositions du Conseil Communal.

Pour les Verts glânois, il ne s’agit pas d’être pour ou contre l’arrivée de Nespresso, mais bien de savoir si, par la vente de terrains, les attentes qui ont été placées dans l’implantation de Nespresso se réaliseront.

Des chiffres qui laissent songeur…

Se basant sur les rares chiffres disponibles à ce jour, les Verts glânois ont établi le calcul suivant.

Apports
ventes des terrains 8’845’680.00
Coûts
Dépollution du site 4’000’000.00
Pertes sur achat de terrains 700’000.00
Perte liée au paiement à 10 ans (inflation) 1’769’136.00
Carrefour d’accès 260’000.00
Trottoir et bande cyclable 620’000.00
Montant que la commune va encaisser en 2022


1’496’544.00

L’acte de vente prévoit que la dépollution des terrains sera à la charge de la commune. La dépollution coûtera entre 2 et 6 millions de francs. L’hypothèse d’un coût moyen de CHF 4’000’000 à charge de la commune en 2013 est vraisemblable.

Il faut aussi tenir compte de la perte sur l’achat de terrains une entreprise déjà présente sur le site. La commune va racheter ces terrains CHF 150 et les revendre dans 10 ans CHF 80 le m2. La perte nette sera de CHF 700’000.

Il faut aussi tenir compte de l’inflation. Les terrains sont vendu à CHF 80/m2 aujourd’hui mais la commune n’encaissera l’argent que dans 10 ans. Avec un taux d’inflation de 2% par année sur 10 ans, cela représente une perte d’environ CHF 1’700’000.

Finalement il y a aussi le carrefour d’accès ainsi que le trottoir et la piste cyclable pour un total de CHF 880’000.00.

Pas de prévisions, pas de coordination

L’opération sera négative si l’on ajoute les mesures indispensable pour encadrer le le trafic généré par Nespresso et l’arrivée de nouveaux habitants :

  • bandes cyclables à la rue de l’industrie,
  • réaménagement du carrefour de l’édilité,
  • réaménagement des abords de la gare
  • mesures de réduction de la vitesse à la route d’Arrufens.

Les Verts glânois déplorent qu’aucune négociation avec le Canton n’ai été engagée pour que des aménagements routiers soient réalisés conjointement à l’implantation de Nespresso. Ils sont pourtant indispensables à la sécurité tant des enfants que des cyclistes de plus en plus nombreux à Romont.

C’est d’autant plus déplorable que c’est le Canton qui sera le principal bénéficiaire de l’implantation de Nespresso. Il encaissera en effet les impôts de tous les employés de Nespresso sur le territoire cantonal ou résideront la majorité des employés alors que les frais seront principalement payés que par la commune de Romont!

Hausse d’impôt ou diminution des investissements ?

Si les Romontois souhaitent une croissance économique, de nouveaux emplois et une augmentation démographique, c’est parce que les Romontois sont convaincu que cela leur apportera aussi une réduction de leurs impôts dont le taux est élevé en comparaison cantonale.

Le projet Nespresso n’apportera pas cette embellie fiscale. Il faudra reporter les indispensables investissements prévus ou relever les impôts! Dans la planification financière 2012-2016 il est prévu de vendre des terrains pour CHF 10’000’000. Cela ne se fera pas, puisque le produit de la vente ne sera touché que dans 10 ans! Il manquera de l’argent ces prochaines années pour financer des projets comme la nouvelle école primaire ou encore le centre sportif.

Le conseil communal s’est engagé à ne pas endetter la commune au delà de CHF 20’000’000. Fin 2011 la dette s’élevait à CHF 13’000’000 et selon le budget 2012 la commune devrait être à CHF 18’000’000 à la fin de l’année, alors, comment faire face aux investissements? Augmenter l’endettement ? Cela passera forcément, tôt ou tard, par une augmentation des impôts pour pouvoir supporter l’augmentation des charges (intérêts et amortissement).

Pour les Verts, les conditions de vente prévues n’apportent aucun avantage à la commune de Romont durant au moins dix ans. Les conditions devraient être renégociées.

Mieux vaut en rire!